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Intermédiaire en assurance multi-établissements : déclaration ORIAS de chaque point de vente, capacité IAS des responsables de site et obligations DDA 2025

11 min de lecture

Intermédiaire en assurance multi-établissements : déclaration ORIAS de chaque point de vente, capacité IAS des responsables de site et obligations DDA 2025

Ouvrir un deuxième bureau, une succursale ou un point de vente secondaire est une étape stratégique pour un courtier ou un agent général en assurance. Mais cette expansion géographique génère immédiatement des questions réglementaires précises : faut-il déclarer chaque établissement à l’ORIAS ? Le responsable du site secondaire doit-il justifier d’une capacité professionnelle IAS propre ? Quelles obligations issues de la directive sur la distribution d’assurances (DDA) s’imposent à chaque point de vente ? En 2025, l’ACPR contrôle avec une rigueur accrue les structures multi-sites, et les erreurs de conformité peuvent déboucher sur des sanctions disciplinaires significatives. Cet article répond point par point aux obligations applicables à tout intermédiaire en assurance exerçant en multi-établissements.

Déclaration ORIAS d’un intermédiaire en assurance multi-établissements : quelle est l’obligation exacte ?

L’ORIAS — Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance — immatricule les personnes morales et physiques habilitées à distribuer des produits d’assurance en France. Selon l’article L512-1 du Code des assurances, l’immatriculation est réalisée au niveau de la personne morale ou physique, et non au niveau de chaque établissement physique distinct. Concrètement, si un cabinet de courtage immatriculé en IAS 1 ouvre trois agences en France, il conserve un unique numéro ORIAS rattaché à son siège social. Il n’existe pas d’obligation légale de déclarer chaque point de vente secondaire à l’ORIAS sous forme d’immatriculation distincte.

Toutefois, cette unicité d’immatriculation ne dispense pas l’intermédiaire d’obligations déclaratives connexes. La déclaration des établissements secondaires relève du droit des sociétés (immatriculation au RCS pour les succursales) et peut être exigée par certains organismes assureurs mandants dans le cadre de la convention de distribution. Par ailleurs, lorsqu’un point de vente est exercé dans un autre État membre de l’EEE, une procédure de notification de passeport européen doit être mise en œuvre, conformément à la Directive DDA 2016/97/UE.

Il convient également de distinguer les succursales des mandataires IAS 2 ou IAS 3 opérant depuis un lieu géographique distinct. Un mandataire qui exerce depuis ses propres locaux doit être immatriculé à l’ORIAS en son nom propre, dans la catégorie correspondante. Confondre ces deux situations expose le cabinet mandant à de lourdes sanctions, comme l’illustre notre article sur les sanctions ACPR pour distribution hors catégorie ORIAS.

Capacité professionnelle IAS du responsable de chaque site : ce que la réglementation impose vraiment

C’est sur ce point que réside la principale source de non-conformité pour les structures multi-sites. L’article R512-9 du Code des assurances prévoit que la personne morale immatriculée doit justifier que les personnes physiques qui dirigent ou gèrent l’activité de distribution détiennent la capacité professionnelle requise. Dans un contexte multi-établissements, la question se pose donc naturellement : le seul dirigeant du siège suffit-il, ou chaque responsable de site doit-il être individuellement qualifié ?

La position réglementaire est claire : dès lors qu’une personne physique assume de façon permanente la responsabilité de la distribution d’assurances dans un point de vente — c’est-à-dire qu’elle encadre, supervise ou réalise elle-même des actes de distribution — elle doit satisfaire aux exigences de capacité professionnelle. En pratique, le responsable de site qui signe des devis, conseille des clients ou pilote des commerciaux de l’agence est soumis à cette obligation. Une délégation informelle au seul dirigeant du siège social ne constitue pas une protection suffisante face à un contrôle de l’ACPR.

Le niveau de capacité IAS exigé dépend de la catégorie d’immatriculation du cabinet et du rôle du responsable de site. Le tableau comparatif ci-dessous synthétise les trois niveaux de capacité :

Niveau IASCatégorie concernéeCondition de capacité professionnelleApplicable au responsable de site secondaire ?
IAS 1Courtier, agent généralDiplôme niveau II minimum OU expérience professionnelle de 2 ans en assurance à un poste de cadre ou 4 ans à un poste non-cadreOui, si le responsable dirige l’activité de distribution du site
IAS 2Mandataire d’assureur ou mandataire d’intermédiaireAttestation de formation délivrée par le mandant OU expérience de 1 à 2 ans selon le posteOui, si le mandataire est distinct et immatriculé en propre
IAS 3Mandataire d’intermédiaire (MIAS)Attestation de formation délivrée par l’intermédiaire mandantOui, délivrance sous responsabilité du mandant IAS 1

Un cabinet de courtage IAS 1 qui nomme un responsable de site sans vérifier sa capacité professionnelle engage sa propre responsabilité devant l’ACPR. La jurisprudence disciplinaire de l’autorité de contrôle sanctionne régulièrement ces défaillances d’organisation interne. Il est donc impératif de documenter formellement la capacité de chaque responsable de site, idéalement au sein d’un registre interne des habilitations mis à jour annuellement.

Obligations DDA spécifiques à chaque point de vente d’un intermédiaire multi-établissements

La Directive DDA 2016/97/UE, transposée en droit français aux articles L520-1 et suivants du Code des assurances, s’applique à chaque acte de distribution, quel que soit le lieu où il est réalisé. Un point de vente secondaire n’est pas exonéré des obligations DDA au motif que le siège les respecterait. Chaque établissement doit être en mesure de produire les documents requis lors d’un contrôle sur place de l’ACPR.

Parmi les obligations DDA directement applicables à chaque point de vente, on distingue notamment : la remise au client du document d’information précontractuelle (IPID pour les produits non-vie, DIS pour les produits vie), l’accomplissement d’un recueil des besoins formalisé et traçable, la délivrance d’un conseil motivé lorsque le niveau de service le requiert, et l’information sur la nature et la rémunération de l’intermédiaire. Ces obligations pèsent sur chaque commercial en contact avec les clients, quelle que soit l’agence où il exerce.

La formation continue DDA de 15 heures par an constitue une obligation individuelle et non collective. Chaque salarié ou responsable d’un point de vente qui participe à la distribution d’assurances doit justifier d’au moins 15 heures de formation annuelle, conformément à l’article R512-10 du Code des assurances. Un responsable de site supplémentaire représente donc une ligne de formation supplémentaire à budgéter et à tracer. L’absence d’attestation DDA à jour pour un salarié d’une agence secondaire engage la responsabilité du cabinet, comme détaillé dans notre article sur les obligations du courtier employant des mandataires IAS 2 salariés.

Sur le plan documentaire, chaque point de vente doit être en mesure de présenter, lors d’un contrôle de l’ACPR, les éléments suivants :

  • Le numéro ORIAS du cabinet (affiché ou consultable), valide et correspondant à la catégorie exercée ;
  • Les attestations de capacité professionnelle du responsable de site et des commerciaux en contact client ;
  • Les attestations de formation DDA 15h/an pour chaque distributeur actif ;
  • Les conventions d’assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) et de garantie financière à jour ;
  • Les modèles de documents précontractuels (IPID, DIS, lettre de mission) utilisés dans l’agence ;
  • Le registre des réclamations clients propre à l’établissement ou centralisé avec traçabilité par site.

Gestion opérationnelle de la conformité dans une structure multi-sites : bonnes pratiques 2025

La conformité multi-établissements repose sur une gouvernance centralisée associée à une responsabilisation locale. Le cabinet doit désigner un référent conformité au siège, chargé de piloter le calendrier des formations DDA, de tenir le registre des habilitations et de réaliser des audits internes périodiques de chaque site. Cette organisation est d’autant plus stratégique que l’ACPR peut diligenter un contrôle sur place directement dans une agence secondaire, sans nécessairement notifier le siège en premier lieu.

Les conventions de distribution signées avec les assureurs mandants doivent également mentionner l’ensemble des établissements secondaires depuis lesquels des actes de distribution seront réalisés. Un mandant qui découvre lors d’un contrôle que son intermédiaire distribue ses produits depuis un site non déclaré peut résilier la convention et signaler la situation à l’ACPR. La transparence contractuelle entre mandant et intermédiaire constitue donc un pilier de la gestion des risques multi-sites. Pour approfondir ce point, l’article sur la distribution sans convention de courtage et la position de l’ACPR offre un éclairage complémentaire indispensable.

En matière de formation continue, il est conseillé d’opter pour des solutions de formation DDA en ligne, qui permettent de gérer facilement les inscriptions de collaborateurs répartis sur plusieurs sites géographiques, de centraliser les attestations et de réduire les coûts logistiques. Les modules spécialisés par branche (dommages aux biens, RC professionnelle, protection juridique, cyber-risques) permettent d’adapter le parcours pédagogique aux portefeuilles réellement distribués dans chaque agence.

Enfin, lors de la fermeture ou cession d’un établissement secondaire, le cabinet doit s’assurer que les clients du portefeuille local ont bien reçu l’information précontractuelle prévue par la DDA, que les contrats en cours sont repris par une entité habilitée, et que les conventions avec les assureurs sont mises à jour. Le registre ORIAS doit refléter en permanence la réalité de l’activité exercée.

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Questions fréquentes

Un intermédiaire en assurance doit-il déclarer chaque point de vente séparément à l’ORIAS ?

Non. L’immatriculation ORIAS est réalisée au niveau de la personne morale ou physique, et non par établissement physique. Un cabinet de courtage IAS 1 conserve un seul numéro ORIAS quel que soit le nombre de ses agences en France. En revanche, les mandataires qui exercent depuis leurs propres locaux doivent être immatriculés individuellement à l’ORIAS dans la catégorie IAS 2 ou IAS 3 selon leur situation. L’ouverture d’un établissement dans un autre État membre de l’EEE nécessite quant à elle une notification de passeport européen distincte.

Le responsable d’un site secondaire doit-il posséder sa propre capacité professionnelle IAS ?

Oui, dès lors qu’il assume de façon permanente la direction ou la supervision de l’activité de distribution d’assurances dans son établissement. L’article R512-9 du Code des assurances impose que les personnes physiques gérant l’activité de distribution satisfassent aux exigences de capacité professionnelle correspondant à la catégorie d’immatriculation du cabinet. Un responsable de site IAS 1 doit donc justifier d’un diplôme ou d’une expérience professionnelle conforme, et ne peut pas se reposer sur la seule qualification du dirigeant de la maison mère.

La formation DDA de 15 heures par an s’applique-t-elle à chaque salarié de chaque agence ?

Oui. L’obligation de formation continue DDA de 15 heures annuelles est une obligation individuelle. Elle s’applique à chaque personne physique qui participe à la distribution d’assurances, quel que soit le point de vente où elle exerce. Le cabinet est responsable du suivi et de la traçabilité des formations de l’ensemble de ses collaborateurs, y compris ceux affectés à des agences secondaires. L’absence d’attestation à jour pour un salarié d’un site secondaire constitue un manquement susceptible d’être relevé lors d’un contrôle ACPR. Academieconformite.fr propose des formations DDA en ligne permettant une gestion centralisée multi-collaborateurs.

Quels documents DDA doivent être disponibles dans chaque point de vente d’un intermédiaire multi-établissements ?

Chaque point de vente doit être en mesure de présenter lors d’un contrôle de l’ACPR : le numéro ORIAS valide du cabinet, les attestations de capacité professionnelle du responsable de site et des commerciaux, les attestations DDA 15h/an de chaque distributeur, les attestations de RCP et garantie financière à jour, les modèles de documents précontractuels (IPID, DIS, lettre de mission) et le registre des réclamations. Ces documents peuvent être centralisés au siège à condition d’être accessibles immédiatement à l’occasion d’un contrôle sur place dans l’établissement secondaire.

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